Productivité de la construction : La construction est extrêmement productive (plusieurs dizaines de noms évaluatifs associés). Quelques noms n’apparaissent quasiment que dans cette construction (c’est le pompon, c’est le comble, mais la plupart peuvent apparaître dans d’autres constructions expressives (c’est l’horreur ; quelle horreur ; l’horreur !). La construction accueille aussi des expressions émergentes comme c'est la hess, c'est le sbeul.
Définition
Le locuteur évalue une situation ou un fait, de façon positive ou négative à l’aide d’un nom évaluatif, axiologiquement marqué dans la plupart des cas (enfer, bordel, paradis, …). L’évaluation s’accompagne généralement d’une dimension émotionnelle (plaisir, déplaisir, étonnement, dégoût, agacement …).
Fonctions langagières
- Fonction(s) globale(s) : Phrase évaluative et expressive
- Fonction(s) spécifique(s) : De nombreuses fonctions expressives selon les noms employés.
Structure interactionnelle
- La construction peut être déclenchée par le discours de l’allocutaire, ou en réaction à un fait évoqué par le locuteur (<i>Passer par Parcoursup, franchement, c’est l’enfer</i>. Et elle peut aussi être déclenchée par la situation extralinguistique.
Modalité orale/écrite
Apparaît à l'oral et à l'écrit.
Exemples
INÈS : Vas-y ma chérie ! ! Un de perdu, dix de retrouvés.
NADÈGE : Tu verras, vivre seule et peinarde, c'est le paradis !
(Corpus romanesque, de Buron Nicole, 2000, Mon coeur, tu penses à quoi ?)
[Nacer] non tu as pas un passeport algérien / tu ah je.
[Samir] On l'a fait on a voulu le faire / mais le problème c'est qu'à l'ambassade ils posaient trop de problèmes / euh on avait un bah en plus déjà en plus avec le maintenant les trucs biométriques.
[Nacer] Ouais.
[Samir] C'est la merde.
[Nacer] Pff ouais ouais c'est la merde parce que c'est.
La construction a une expansion : [c’est le Nsituation] de Vinf ou que P. c’est l’enfer de devoir supporter ça ; c’est le comble qu’elle ait le culot de venir
Des alternances syntaxiques sont possibles : De nombreuses PPI apparaissent aussi dans la construction [le Nsituation] (par ellipse de c’est) ou [quel Nsituation] : c’est l’enfer ; l’enfer ; quel enfer. Les PPI les plus figées comme c’est le pompon, c’est le comble n’acceptent toutefois pas ces autres structures syntaxiques.
Cooccurrents privilégiés
Les cooccurrents sont très variables selon les fonctions expressives.
Les noms de situation sont très souvent métaphoriques : enfer, paradis, souk, galère, bordel, ….
Dostie, G., Tutin, A. (2022), « La construction “ce être DET N” à valeur axiologique dans les conversations informelles en français métropolitain et en français québécois », in Iomdin, L., Milićević, J., Polguère A. (éds), <i>Lifetime linguistic inspirations: To Igor Mel’čuk from colleagues and friends for his 90th birthday</i>, Peter Lang, Munich, p. 31-45. Grossmann G., Krzyżanowska A., Miladi L. (2021)., « Ça craint ! C’est le bordel ! Analyser les formules expressives dans une perspective contrastive », Lexique, 29 | -1, 39-56.
Fiche réalisée par Agnès Tutin, mise à jour le 24/06/2026