constr [assez VPP] (assez parlé, assez discuté)

Expressions associées :

Productivité de la construction : La construction est productive (de nombreux verbes), mais relativement peu fréquente. Elle n’a pas été observée dans le corpus oral Prefab contrairement au corpus des dialogues romanesques. On observe principalement, mais sans exclusivité, deux champs lexicaux : les verbes de parole et associés (parler, discuter, causer, rigoler, plaisanter …) et les verbes liés à l’attente (perdre du temps, traîner, tergiverser …). D’autres verbes apparaissent également : jouer, travailler, rêver …

Définition
L’expression indique à l’allocutaire que l’on a passé trop de temps à effectuer une action (parler, traîner, perdre du temps) et qu’il est nécessaire de passer à autre chose.

Fonctions langagières
- Fonction(s) globale(s) : L’expression est principalement une Phrase à fonction métadiscursive
- Fonction(s) spécifique(s) : Dans le cours de la conversation, l’expression Introduit une rupture thématique, avec plusieurs sous-fonctions spécifiques selon le verbe employé : pour changer de sujet de conversation (Assez parlé. Où en es-tu maintenant ?), pour proposer d’entreprendre une nouvelle action (Assez perdu de temps. On y va) ou intimer un ordre à l’allocutaire (‘se taire’ dans Assez parlé maintenant. Tais-toi).

Structure interactionnelle
- L’expression n’est pas déclenchée par l’allocutaire, mais la formule injonctive s’adresse à lui, au locuteur ou à l’assemblée présente selon le contexte. Quand elle précède une proposition enjoignant d’entreprendre une action, la formule apparaît souvent suivie d’un impératif associé à une nouvelle action ou d’une phrase à fonction injonctive (<i>Allez, assez discuté. On bouge</i>). Quand elle renvoie à un changement de sujet de conversation, elle est fréquemment suivie d’une phrase interrogative (<i>Bon, assez joué. On est là pourquoi ?</i>. La formule apparaît plutôt en position initiale ou médiane de tour de parole.

Modalité orale/écrite
Dans notre corpus, la formule apparaît principalement dans les dialogues de romans.

Exemples
Pour orienter la conversation sur un nouveau sujet
Un silence lourd envahit le cabinet. Ce fut finalement Domfront qui le rompit.
-Bon, assez joué, connaissez-vous le nom de Philip Marient ? ?
-Non, ça ne me dit rien.
-Vous êtes certain ?
(Lefebvre Julien, 2007 ; Le signe de l'Ogre)


Avant d’inciter à entreprendre une nouvelle action
« Ouais, putain ! brailla Broons. Laissez-moi sortir de l'onde ! ! »
Je relâchai ma proie en riant. « Allez, assez chahuté ... Il faut songer à rentrer. »
(Albert Raphaël, 2011, Avant le déluge)

Cette construction correspond à une phrase clausative, averbale, injonctive. La structure syntaxique est la suivante : Groupe verbal qui se décompose en ADV VPP.

Cooccurrents privilégiés
Les cooccurrents intègrent des marqueurs de discours qui indiquent une rupture et précèdent la formule (mais, bon, allez). Des termes d’adresse apparaissent à la suite de la formule (assez rigolé, Barnabé).

Fiche réalisée par Agnès Tutin, mise à jour le 14/08/2026